Posséder un Raspberry Pi est idéal pour réaliser des projets de domotique , mais on oublie parfois un détail important : la chaleur. Selon l'utilisation que vous en faites, le processeur peut chauffer considérablement. Si vous ne surveillez pas sa température, le système appliquera une limitation thermique , réduisant ainsi la fréquence d'horloge pour éviter la surchauffe. Votre machine fonctionnera alors plus lentement que d'habitude.
Si cela ne posait pas de problème avec les premiers modèles, moins puissants, l'arrivée du Raspberry Pi 5 a radicalement changé la donne. Désormais, il est impératif de surveiller la température de fonctionnement du SoC, car ses performances accrues génèrent une chaleur nettement supérieure. Cet article explore toutes les méthodes possibles pour mesurer et contrôler cette température, des plus simples aux plus sophistiquées.
Mesures rapides à l'aide du terminal

Pour éviter toute complication et connaître simplement l'état actuel du processeur, le terminal est votre meilleur allié. Plusieurs méthodes permettent d'obtenir cette information. L'une des plus directes consiste à exécuter la commande `vcgencmd measure_temp` , qui renvoie immédiatement la température en degrés Celsius.
Pour ceux qui préfèrent lire directement le fichier système, vous pouvez utiliser la commande `cat /sys/class/thermal/thermal_zone0/temp` . Il est important de noter que le résultat est affiché en millidegrés ; vous devez donc diviser la valeur par 1000 pour obtenir la température réelle. Si vous souhaitez que l'affichage se mette à jour automatiquement toutes les quelques secondes sans avoir à saisir la commande à chaque fois, vous pouvez utiliser la commande `watch -n X vcgencmd measure_temp` , en remplaçant `X` par le nombre de secondes souhaité entre les relevés.
Automatisation avec des scripts personnalisés

Si, comme beaucoup, vous oubliez les commandes longues ou ne souhaitez pas parcourir constamment l'historique de la console avec la flèche vers le haut, la solution idéale consiste à créer un script Bash exécutable . Cela vous permet d'encapsuler les instructions du processeur et de la carte graphique dans un petit fichier .sh.
Pour ce faire, utilisez un éditeur comme nano, définissez des variables pour stocker les résultats des commandes mentionnées précédemment, puis formatez-les avec la commande `echo` pour les rendre lisibles. Après avoir enregistré le fichier, il est indispensable de lui attribuer les droits d'exécution avec la commande `chmod +x`, ce qui vous permettra de lancer la mesure en une seule commande depuis n'importe quel dossier du système.
outils de contrôle visuel et graphiques

Tout ne doit pas forcément afficher du texte noir sur fond blanc. Si vous utilisez l'environnement de bureau Raspberry Pi OS, vous pouvez intégrer la température directement dans la barre des tâches . Il suffit de faire un clic droit sur le panneau, de sélectionner « Ajouter/Supprimer des modules complémentaires », puis « Surveillance de la température » ou « Température du processeur ». Vous pouvez ainsi vérifier rapidement la température du processeur tout en travaillant, sans interrompre vos tâches.
Si vous recherchez une solution bien plus performante et professionnelle, Cockpit est l'outil idéal. Il s'agit d'une interface de gestion web à installer sur votre carte mère et accessible depuis le navigateur de n'importe quel appareil de votre réseau local via le port 9090. Cockpit affiche en temps réel la température et l'utilisation du processeur, avec des graphiques d'historique, et vous permet également de gérer les services, de mettre à jour les logiciels et de surveiller la RAM et le stockage sans écrire une seule ligne de code.
Services de surveillance avancée et de cloud

Pour ceux qui souhaitent optimiser leurs projets, des solutions comme PiCockpit offrent un module appelé PiStats permettant de visualiser les performances et la température des puces grâce à des graphiques détaillés. C'est une solution très pratique si vous gérez plusieurs cartes et souhaitez centraliser la surveillance depuis un seul endroit.
Il existe des implémentations encore plus complexes qui intègrent des plateformes IoT comme OKdo Cloud . Dans ce cas, le Raspberry Pi envoie les données de température au cloud via les protocoles TCP/IP, et ces données peuvent être visualisées sur des écrans distants programmés en Python ou via des applications mobiles, permettant ainsi une surveillance à distance complète depuis n'importe où dans le monde.
Seuils critiques et conseils de refroidissement
Quand faut-il commencer à s'inquiéter ? Bien que chaque modèle soit différent, la limitation thermique devient généralement problématique lorsque la température dépasse 60 °C sur des modèles comme le Pi 3+, tandis que sur le Raspberry Pi 4, la limite est plus élevée, aux alentours de 80-85 °C. Vous pouvez vérifier si votre carte présente des ralentissements à l'aide de la commande `vcgencmd get_throttled`.
Si vous constatez que les valeurs sont trop élevées, plusieurs solutions permettent de réduire la température. La plus simple consiste à installer des dissipateurs thermiques en aluminium ou en aluminium anodisé sur le SoC. Si cela ne suffit pas, un ventilateur actif est la solution ultime, particulièrement indispensable sur le Raspberry Pi 5. Parmi les autres astuces utiles, citons le positionnement vertical de la carte pour améliorer la circulation de l'air, la suppression du boîtier en plastique restrictif ou l'utilisation de boîtiers conçus pour la dissipation thermique, tels que les boîtiers en aluminium FLIRC.
La maîtrise de la surveillance thermique, que ce soit par des commandes rapides, des interfaces web comme Cockpit ou l'intégration au cloud, est essentielle pour garantir la stabilité et la constance des performances matérielles. L'association d'un logiciel de surveillance à un refroidissement adéquat, par exemple avec des ventilateurs ou des dissipateurs thermiques, permet au Raspberry Pi de gérer des charges de travail importantes sans risque de dégradation ni de chute de vitesse inattendue.
